10.11.2008
laisse parler les gens
J’ai passé quelques heures à la patinoire samedi et malgré ma réticence envers toutes les activités où on se les pelle, je dois avouer que je me suis bien amusée.
Bien sûr, je me suis sentie ridicule, chaussée de patins moches gros déformés et usés, m’accrochant à la rambarde telle une noyée à sa bouée, narguée par les enfants qui glissaient gracieusement sur la glace, et ignorant les regards exaspérés de ceux qui tranquillement adossés à la rambarde étaient obligés de se décaler pour me laisser avancer.
Puis, dans l’effort de garder un peu de dignité, j’ai essayé de m’amuser et j’y suis arrivée. Pas à patiner mais à m’amuserJ.
Pour les malgaches, le regard de l’autre pèse beaucoup.
Il faut être bien vu.
Ne surtout pas apporter la honte à la famille.
Ce qu’on va dire de nous est important.
Il faut toujours sauver les apparences !!!
On aime bien se mêler de la vie des autres, surtout quand ils ont des problèmes.
Alors l’hypocrisie règne. Pour éviter d’être le nouveau sujet de conversation du quartier, on cache sa misère. Comme ces gens qui se ruinent pour afficher de gros bijoux en or alors qu’ils vivent dans un taudis. On cache sa vraie nature, comme ces jeunes filles des collèges catholiques que je qualifierai de saintes-n’y-touche.
Tout ça est bien dommage, mais je pense que dans les sociétés où le minimum vital n’est pas accordé au grand nombre, les gens se toisent et comparent leur vie, car c’est bien connu, on est heureux lorsque l’on trouve plus malheureux que soi.
Et puis la société malgache est encore assez conservatrice, il y a des règles, des principes à suivre. La vie et la manière d’être sont dictées par la société. Alors il y a très peu de places pour l’originalité, car on a peur du regard pesant de cette société.
On ressent la différence une fois que l’on est en France, le malgache s’y sent plus libre et se lache ! Loin des qu’on dira-t-on, la société française est individualiste, alors seul compte son propre épanouissement, au diable ce que peuvent en penser les voisins ou la famille.
Ouhhhh je sais je sais je fais des raccourcis et des généralités !!!
Mais bref, à la patinoire, j’ai bien vu que les gens étaient là pour prendre du plaisir et s’amuser et non pour toiser les débutants ! hihi
hey!!! spéciale dédicasse à Kenny, j' ai relevé ton défi! l'article est en ligne avant 22h aujourd'hui LOOOOL merci pour l'idée en tout cas :-)
19:07 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note












Commentaires
Bonjour!
Je crois qu'en France, dans les campagnes, les mentalités sont plus proches des mentalités malgaches. Dans les campagnes, la notion de groupe, de "communauté" comme disent les anglo-saxons, est plus forte.
Cette notion d'auto-contrôle par le groupe est très présente, et au final, l'individu s'efface face au groupe.
J'ai toujours vécu dans de grandes villes, et je suis à chaque fois très étonné de voir comment, dans les campagnes, les gens sont obligés d'agir en fonction de ce qu'ils pensent que les autres penseront.
C'est à la fois une force et une faiblesse.
C'est une force car cela préserve la communauté des actes considérés par le groupe comme déviants. Ainsi, le groupe exerce une pression qui réduit les risques de vol, d'agression...
C'est une faiblesse car tout changement devient très difficile. Or, les sociétés évoluent désormais plus rapidement qu'auparavant. En particulier, des pays comme Madagascar doivent s'adapter aux règles du jeu mondiales (règles économiques en particulier), et aujourd'hui, la pression sociale limite les volontés de changement et d'adaptation au monde moderne.
Le groupe est une force quand il apporte cohérence et soutien, il devient une faiblesse quand il discrimine et isole.
Écrit par : Madagascan | 13.11.2008
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